Le confort chez soi : modifications apportées pour rendre une maison plus accessible

Author: Will Zver, B. Arch (Tech), LRI Engineering Inc.

Une grande partie de la population vieillit et on prévoit que    25 % de la population totale sera âgée de 65 ans et plus d’ici 20361. Ce n’est un secret pour personne qu’il existe une forte corrélation entre l’âge avancé et la prévalence des handicaps. Statistique Canada rapporte également que 22 % des Canadiens, soit 6,2 millions de personnes, souffrent au moins d’un handicap et que 38 % d’entre eux sont âgés de 65 ans ou plus2. En raison de ce vieillissement de la population, la notion de « vieillir chez soi » gagne en popularité. La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) définit le fait de vieillir chez soi comme « la capacité de vieillir dans la même maison ou la même collectivité en toute sécurité, de façon autonome et en tout confort, au fur et à mesure que l’on vieillit3 ». La possibilité de vieillir chez soi dépend généralement de l’accessibilité de la maison pour la personne qui y vit. Cependant, lorsqu’il s’agit de l’accessibilité d’une maison unifamiliale, les propriétaires ignorent souvent comment modifier leur maison pour la rendre plus accessible (à l’extérieur et à l’intérieur), car le Code du bâtiment comporte peu d’exigences en matière d’accessibilité pour les résidences privées.

Le Code du bâtiment de l’Ontario (CBO) exempte certains types de bâtiments résidentiels de l’application des exigences de la conception sans obstacle précisées à la section 3.8. L’exemption s’applique aux maisons définies par le Code comme une « maison individuelle, une maison jumelée ou une maison en rangée ne contenant pas plus de deux unités de logement, les triplex et les pensions de famille ou les maisons de chambres comptant moins de huit pensionnaires ou chambreurs ». À l’exception des 15 % des suites sans obstacle désignées dans un immeuble résidentiel (condo, appartement, dortoir, etc.), le CBO ne contient aucune autre disposition concernant les logements accessibles.

Le Code du bâtiment de l’Ontario (CBO) exempte certains types de bâtiments résidentiels de l’application des exigences de la conception sans obstacle précisées à la section 3.8. L’exemption s’applique aux maisons définies par le Code comme une « maison individuelle, une maison jumelée ou une maison en rangée ne contenant pas plus de deux unités de logement, les triplex et les pensions de famille ou les maisons de chambres comptant moins de huit pensionnaires ou chambreurs ». À l’exception des 15 % des suites sans obstacle désignées dans un immeuble résidentiel (condo, appartement, dortoir, etc.), le CBO ne contient aucune autre disposition concernant les logements accessibles.

Certains éléments d’accessibilité sont coûteux (p. ex., les appareils élévateurs) ou nécessitent plus d’espace (p. ex., une douche ou une salle de bain accessible et des portes plus larges), ce qui peut augmenter le prix d’achat initial d’une maison comprenant des éléments non nécessaires à tous les propriétaires. Les exigences de la conception sans obstacle pour les suites désignées dans des immeubles résidentiels visent à fournir des logements disposant plus d’espace pour des pièces spécifiques ainsi qu’une voie d’accès à ces pièces. Les suites ne sont pas complètement exemptes d’obstacles, mais sont considérées comme des logements accessibles pouvant offrir une certaine souplesse de conception afin que les propriétaires puissent adapter leur résidence à leurs besoins particuliers.

Planifier à l’avance

Lorsqu’on envisage de modifier sa maison pour la rendre accessible, la première étape consiste à faire appel aux services d’un consultant en accessibilité tôt dans le processus. Le rôle du consultant est d’évaluer la maison, de mettre en évidence les aires qui pourraient être améliorées et d’établir une liste des priorités en fonction des besoins spécifiques du propriétaire.

Il importe de noter que tous les handicaps ne sont pas liés à la mobilité. Cependant, aux fins de cet article, nous nous pencherons principalement sur l’accès aux dispositifs d’aide à la mobilité et leur maniabilité, car ils exigent souvent plus d’espace et d’investissement.

Facteurs déterminants

Voici quelques éléments clés à prendre en compte lorsqu’on  définit les priorités du propriétaire d’une maison.

ENTRÉE ACCESSIBLE — Il est important que la personne puisse entrer facilement dans sa maison et y sortir par un parcours sans obstacle. Tout d’abord, il faut évaluer la propriété pour voir s’il est possible d’y intégrer un parcours sans obstacle, soit une passerelle inclinée ou une rampe menant à la porte d’entrée. S’il est impossible de modifier l’entrée principale, regardez du côté de la porte arrière ou de côté. L’article 3.8.3.4 du CBO indique les exigences à respecter dans la conception des rampes. Toutefois, s’il est impossible d’installer une rampe en raison du manque d’espace, il se peut qu’on doive installer un ascenseur ou une plateforme élévatrice pour fauteuil roulant afin de compenser la différence de hauteur entre le niveau du sol et le niveau de l’entrée.

En outre, l’installation d’une porte d’entrée plus grande ou à larges charnières peut être nécessaire afin de faciliter le passage des aides à la mobilité. Le dégagement du côté de la gâche et la hauteur réduite du seuil de porte sont également importants pour permettre un accès sans obstacle. L’article 3.8.3.3 du CBO décrit les exigences relatives à la conception de portes sans obstacle.

CIRCULATION À L’INTÉRIEURE — Il est important pour l’autonomie du propriétaire qu’une circulation intérieure dégagée lui permettre de se déplacer dans la maison et d’entrer dans les pièces et sortir.

Un moyen rapide et facile d’augmenter l’espace de manœuvre consiste à garder les couloirs et le côté de la gâche des portes libres de tout meuble ou d’objets similaires. Si la largeur du couloir est limitée, il se peut qu’on doive élargir les portes d’entrée des pièces ou même de retirer les panneaux de porte à l’entrée des pièces ne nécessitant pas une grande intimité (p. ex. le bureau, la salle de lavage, la cuisine, etc.).

Les portes élargies dans un couloir étroit permettent à une personne de se tourner plus facilement dans une pièce. Cependant, si les couloirs existants ne peuvent être adaptés à la largeur des aides à la mobilité, il se peut qu’on doive démolir des murs pour créer un espace plus ouvert.

CUISINE — Les cuisines posent souvent des problèmes, car l’évier, les appareils électroménagers, les espaces de préparation et les armoires de rangement sont généralement situés trop haut qu’une personne en fauteuil roulant puisse les atteindre. De plus on n’a pas souvent prévu d’espace pour permettre une approche latérale et frontale d’une aide à la mobilité sur roues. Les propriétaires peuvent envisager de déplacer les articles les plus souvent utilisés des armoires supérieures vers les armoires inférieures, voire de remplacer les armoires profondes inférieures par des meubles à tiroirs. Les tiroirs facilitent l’accès au rangement et réduisent la nécessité de se pencher et d’atteindre le fond d’une armoire pour saisir des objets.

Il est également important d’envisager de remplacer la cuisinière classique par une table de cuisson à induction. Une personne en fauteuil roulant risque davantage d’entrer en contact avec les brûleurs chauds lorsqu’elle se penche sur la cuisinière pour accéder aux boutons de commande. Les brûleurs à induction atténuent ce risque, car ils ne conservent pas la chaleur une fois que l’on retire les casseroles et les poêles. Enfin, en abaissant la hauteur de l’évier de cuisine et d’une portion du comptoir adjacent à l’évier et en libérant l’espace sous le comptoir pour accommoder les genoux et les pieds, le propriétaire de la maison pourra préparer les repas et laver la vaisselle en se plaçant plus confortablement face au comptoir. La sous-section 7.4.4 de la norme CSA B651:18, Conception accessible pour l’environnement bâti, fournit des critères de conception utiles pour aménager des espaces de cuisine accessibles.

CHAMBRE À COUCHER — Les chambres à coucher sont situées souvent au deuxième étage d’une maison, ce qui pose un défi pour les personnes qui ont de la difficulté à monter et à descendre des marches ou qui utilisent une aide à la mobilité sur roues. Dans la mesure du possible, le propriétaire peut convertir en chambre à coucher un espace peu utilisé du rez-de-chaussée comme, entre autres, la salle à manger ou un bureau. Cet aménagement permettra de limiter les risques liés à la montée et à la descente des escaliers et d’éviter l’installation coûteuse d’un monte-escalier.

SALLE DE BAIN — Tout comme la chambre à coucher, la salle de bain complète (avec douche ou baignoire) est généralement située au deuxième étage. Le propriétaire peut envisager d’agrandir l’espace de la salle d’eau du rez-de-chaussée pour y installer une douche ou une baignoire ainsi que l’espace de manœuvre autour des toilettes et du lavabo. De plus, l’installation de renforts muraux et de barres d’appui ou d’une chaise d’aisance de même qu’un lavabo mural avec un espace pour les genoux facilitera l’utilisation de la salle de bain.

S’il n’y a pas de salle de bain au rez-de-chaussée ou si l’espace ne permet pas d’aménager une douche ou une baignoire, un monte-escalier sera nécessaire pour accéder à une salle de bain appropriée à l’étage. Les articles 3.8.3.8. à 3.8.3.11. et 3.8.3.13. du CBO fournissent les exigences en matière de conception pour   les toilettes, les lavabos, les baignoires et les douches accessibles. Celles-ci peuvent servir de lignes directrices sur la  conception pour une résidence privée.

COMMANDES — L’accès aux dispositifs de commande est important pour régler l’éclairage, la température ambiante et d’autres éléments nécessaires au confort des occupants. Souvent, les dispositifs de commande comme les interrupteurs et les thermostats sont situés trop haut au-dessus du revêtement de plancher ou ont été installés trop près du coin d’une pièce, ce qui les rend difficilement accessibles à une personne en fauteuil roulant. Le déplacement de ces dispositifs de commande peut s’avérer dispendieux, car il devrait être installés par un électricien ou un entrepreneur. Dans ce cas, la solution de rechange serait d’installer des dispositifs intelligents qui permettront au propriétaire d’utiliser l’activation vocale ou des applications pour téléphones intelligents afin d’activer ces dispositifs.

PROCHAINES ÉTAPES

Après avoir établi une liste des priorités, l’étape suivante consistera à faire appel aux services d’un concepteur qualifié qui concevra un plan répondant aux besoins précis du propriétaire. Le concepteur qualifié concevra des plans pour demande de permit et à des fins de construction qui pourront être utilisés pour obtenir l’approbation de la municipalité et par l’entrepreneur qui effectuera les travaux de rénovation.

Dans l’ensemble, de nombreux éléments doivent être pris en compte lorsqu’on envisage de modifier une maison pour la rendre plus accessible. Il est important de commencer à planifier tôt et de travailler avec des professionnels qui vous aideront à définir des objectifs basés sur les besoins particuliers du propriétaire ainsi que sur les possibilités et les restrictions de la maison.

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